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Recherche sur l'aléatoire

-- Recherches sur les notions d'aléatoire- -

Master 2 art numérique finalité didactique, recherches en vue du mémoire de fin d'année. "Enseigner avec le hasard"


Arts2-École Supérieure des Arts

Arts Plastiques / Master 2 , Arts Numériques / finalité Didactique


Gil Van Cayseele 2015-2016


Créer et enseigner avec le hasard



Utiliser le hasard pour créer et enseigner la programmation artistique. Promoteur : Michel Clempoel


1.Introduction

En occident, le concept du hasard vient du mot latin "Fors", "Fortis", qui signife "sort", n'est autre que le "aléa" que Jules César prononça en franchissant le Rubicon dans la célèbre phrase "Alea Jacta Est", le sort en est jeté, .(1)(2)

"Il faut tenir le hasard pour un dieu et les dieux pour moins puissants que le hasard."Euripide Cette citation nous montre toute l'importance de cette idéepour les peuples latins et la puissance du hasard, surtout la faiblesse à laquelle ilnous ramène, ici même les dieux y sont soumis et subissent ses aléas qui s’impose à tous. Le hasard à cette époque regroupait plusieurs concepts, tout d'abord des événements imprévisibles, qui s'imposaient aux peuples antiques, mais également les événements inexplicables.

Cette liaison entre le hasard et la question religieuse existera durant très longtemeps. Bien plus tard,le concept de fortune a laissé place au mot "Az-zarh" dont l'étimologie arabe signife "le dé".

L'origine du mot Arabe viendrait du nom d'un château en Palestine médiévale appleé "Hasart" ou "Hassart" et parfois cité "Hazart" (3) * Au cours de ce siége, un jeu de dé aurait été inventé.Le mot latin donnera son nom au mot aléatoire, en incorporant l'aléa latin, concept du sort subit par l'homme et provoqué par les Dieux.

Ensuite, le mot hasard apparaît avec « le sort et le dé » transporté en Occident par les marchand Arabes. Après cet ajout, les deux mots « aléatoires » et « hasard » prennent une signifcation identique bien qu'à l'origine, le mot aléatoire revêtait le sort subit et l« hasard »,l'évenement produit Mais pourquoi utiliser le hasard ?

Celui-ci est trés présent dans ma pratique personnelle et son utilisation en informatique m'a toujours étonné.

1.1 Introduction : Bibliographie et ouvrages consultés.

Presses universitaires de Rennes. p121.

  • 3 Grand dictionnaire de la Philosophie, p 470


2.Problématique

Avec quatre grandes questions,


2.1 Les notions du hasard. Existe t-il dans la société, est-il étudié par la science, la philosophie,les interconnections entre les différents domaines et courants tournant autour de la notion du hasard ?


2.2 Le hasard en art Le hasard est-il présent dans l'art ? Quels artistes ont utilisés le hasard et depuis quand ? Y a-t-il différents types de hasard dans l'art ? Comment les artistes ont-lls approchés le hasard dans l'antiquité ? Dans l'art numérique ?


2.3 Le hasard en informatique comment créer le hasard en informatique alors qu'un ordinateur ne peut qu'effectuer des calculs. Quels sont les différents moyens d'obtenir des nombres au hasard avec un ordinateur ?


2.4 Enseigner le hasard Pour permettre aux enfants de comprendre le hasard, il faut savoir à partir de quel âge les enfants peuvent comprendre le hasard ? Quels pédagogues ont déja étudié le hasard ? Y a t'il déja eu des expériences pédagogiques sur le hasard ? Quels courants de pédagogies peuvent permettre la compréhension du hasard ?

3.Cadre de référence

Quelques publications et projets ayant un rapport avec le sujet. Le hasard comme méthode

Figures de l'aléa dans l'art du XXe siècle,2015 Sarah Troche Presses Universitaires de Rennes ISBN : 978-2-7535-3962-4

Un livre étudiant le hasard en art, explorant les arts plastiques, la musique, la peinture, les différents courants , l'auteure y analyse les différents courants artistiques utilisant le hasard. Elle y donne trois grands exemples d'utilisation du hasard chez les artistes Tout d'abord le hasard accidentel :

  • Le hasard accidentel est involontaire, l'artiste subit le hasard en voulant créer.
  • Deuxièmenent le hasard comme processus

Le hasard est ici utilisé par l'artiste comme chez les artistes Dadaistes par exemple.

  • Troisièment le hasard provoqué :

Il s'agit de chercher à créer le hasard mais ici il est question surtout de musique et de John Cage qui par exemple cherche à créer de la musique aléatoire. Sarah Troche s'intéresse que très peu aux arts numériques, à l'informatique et traite la musique et l'art plastique en mettant en lien leurs infuences communes et les correlations entre musique et art plastique. Malheureusement l'auteure se limite au 20e siécle.


La génése de l'idée du hasard chez l'enfant Jean Piaget, Bärbel Inhelder Presses Universitaires de France - PUF (1 décembre 1974) ISBN : 978-2130332312 Texte écrit par Piaget avec le concours d'un mathématicienne, elle s'intéresse à la maniére dont le hasard est perçu par les enfants. Ses écrits sont aujourd'hui controversé par Jacques Melher notamment. L'éducation et la pédagogie expérimentales


Arnold Reymond (1817) Pédagogue suisse, il explique ses travaux sur l'apprentissage des mathématiques et des probabilités aux enfants et sur l'apprentissage des probabilités. Ce texte est une des sources d'inspiration de Piaget et l'aidera à réaliser son livre « la genèse du hasard chez l'enfant » . C'est une des premières expériences d'enseignement des notions mathématiques liées au hasard.


4.Méthode

Le plus importante est de réaliser que, « AVEC » le hasard ne veut pas dire faire « AU »hasard. Travailler avec le hasard ne se fait pas n'importe comment et doit être extrêmement cadré. Il y a une grande différence entre faire n'importe quoi et faire avec le hasard.

Le plus souvent on parle de hasard pour indiquer que l'on n'a pas fait exprès de provoquer un événement. On dit par exemple "c'est arrivé par hasard", mais il ne produit pas tout et n'importe quoi.

Le hasard ne fera jamais transformer de l'eau bouillante en eau gelée et ne fera jamais jamais naître d'un chien ,un chat, alors que le hasard joue bien un rôle dans l’évolution mais maîtrisé (limité), sinon l'Univers ne serait que chaos. L'utilisation du hasard dans l'enseignement permet de voir différentes matières transversales, pluridisciplinaires et peut être appliqué aux mathématiques, à l'art, à la philosophie et d'autres matières qui sortent du cadre scolaire. Dans la pratique pédagogique, l'apport du hasard est variée.

• Les mathématiques, dans ce domaine, le hasard peut permettre de voir les probabilités.

• En art, le hasard permet d'explorer le frottage de texture et d' aborder la question de tridimensionnalité du dessin, d'explorer le collage, le dessin automatique, la mise en page, le cadrage, etc.

• En philosophie, le hasard permet de voir les concepts de causalité que nous développeront dans le corps même du mémoire (cf : le hasard en philosophie), de se questionner sur le sens de l'existence (existentialisme, concept de finitude, etc.)

• Savoir être, dans les cadres hors scolaire, le hasard permet d'explorer le monde, d'analyser les résultats d'un processus, d'analyser de manière systématique les résultats d'une expérience , de les trier et les catégoriser, ce qui peut être un éveil à la pensée scientifique.

• Éveiller la curiosité et réfléchir sur le monde. Il s'agit ici d'apprendre à observer le monde et les résultats obtenus. Un processus simple tel que réaliser des taches sur une feuille de papier permet par exemple de regarder un événement.

Nous allons maintenant aborder le sujet plus en détail suivant ses différentes utilisations. Différentes leçons ayant été préparées sur le hasard, j'ai testé celles-ci en conditions réelles lors d'ateliers créatifs avec les enfants de l'EPN de Mons. On trouvera également un développement du hasard dans la société et dans l'art.


4.1 Méthode : Bibliographie et ouvrages consultés.


5.Développement

5.1.Le hasard dans la société.

Le hasard en philosophie

En philosophie, le hasard est divisé en trois grands courants, les déterministes (anciens et modernes) et les théories du chaos - le déterminisme ancien: Issu de l'Antiquité et ensuite repris par le christianisme. Un des grands philosophes s'étant intéressé au déterminisme est Liebnitz, (1646-1716). Liebnitz pense que Dieu a créé l'univers si harmonieusement qu'il n'y a plus à intervenir.(6) (7) A cette époque, le hasard était impensable voir inconcevable, tout événement était l’œuvre de Dieu et admettre qu'un événement puisse advenir par lui même était l’œuvre du malin.

- Le déterminisme moderne : appelé aussi de "Laplace" d’après le philosophe. Il s'agit de d'un courant de pensée où tout est soumis à « une dépendance générale des parties d'un système entre elles ». L'enjeu est de nier toute intervention transcendante, en particulier l'intervention divine, mais aussi le libre arbitre, compris comme indépendance absolue de la volonté." (6) où l'on essaye d'associer le déterminisme de Dieu avec la pensée scientifque et l'étude du monde. (8)

Nietzsche y rajoutera les concepts de nécessité : Il est déterminé d'être sur cette terre mais nos instincts déterminent nos conduites. - Les anti-déterministes ou idée du chaos : Un système déterministe décrit un système où tout peut sembler "prédictible" Dans le déterminisme, il est question de causalité : un événement arrive pour une raison précise. (9)(10) Mais dans le système du chaos, deux événements identiques peuvent avoir des résultats totalement différents, les systèmes sont dynamiques alors que le déterminisme "fige" le monde. Pour les anti-déterministes, le chaos émerge toute chose et deux événements peuvent produire des résultats inattendus et totalement différents les uns des autres, comme pour les effets météorologiques par exemple où les résultats s'écartent du principe de causalité. L'on appelle ça aussi "L'effet Papillon".

Le hasard en philosophie : Bibliographie et ouvrages consultés.

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5.2 Le hasard en psychanalyse

Le domaine de la psychanalyse et du hasard traité par Sigmund Freud étant un domaine trop vaste et mériterait un mémoire à lui tout seul. Il y a notamment deux types de hasard pour Freud, des intentionnels et les hasards non intentionnels, qui eux, répondent à nos désirs inconscients. (11) Un autre point de vue est aussi celui de Karl Jung mais sa collaboration avec le régime nazi en font un champ de mines que je ne voudrais explorer.

Le hasard en psychanalyse : Bibliographie et ouvrages consultés.

  • 11 Le hasard comme méthode, Figures de l'aléa dans l'art du Xxe siécle, Sarah Troche, Presses universitaires de Rennes. (« Hasard apparent » et « hasard réel » chez Freud , chapitre 2(p78)

5.3 Le hasard en physique

Le hasard existe en physique quantique (13) où certaines particules élémentaires peuvent se trouver dans des états dits "indéterminés", un état où une ou plusieurs de leurs positions (vitesse, position, polarisation) sont indéterminées.

Avant Heisenberg, on pensait que tout pouvait se subdiviser, un mètre se divisait en centimètres, qui se subdivisait en millimètres, etc. Chaque éléments d'un problème ou d'un objet observé pouvait être réduit en une multitude de sous-éléments distincts afn de comprendre chaque partie individuellement et de la comprendre l'ensemble.(14) Or, dans le principe d'incertitude d’Heisenberg, il s'agit d'un corrélation objective des erreurs. Pour trouver un electron, il faut l'éclairer par un photon. La rencontre du photon et de l'electon modife la place de celui-ci. La fréquence de l'electon en est même changée. Il ya donc une interférence entre le milieu et l'objet. Ce qui nous place devant l'impossibilité de déterminer une position précise à l'electron(12) et trouver où il se situe doit se faire dans une certaine incertitude à lui donner une place précise.

Le hasard en physique : Bibliographie et ouvrages consultés.

5.4 Le hasard en mathématique

En mathématiques, le hasard peut être traité sous l'angle des probabilités et des statistiques. Le dictionnaire donne une défnition du calcul des probabilités comme étant une branche des mathématiques née de l'étude des jeux de hasard et qui trouve son application dans les statistiques. Dans le cas des jeux de hasard, il s'agit des chances d'un cas favorable à la réalisation d'un événement aléatoire sur le nombre total des possibles.

Au 17e et 18e, sont lancées des grandes enquêtes de statistiques, le nombre de pertes de soldats, les pertes ennemies, taux de natalité, de décès. Ici il est surtout question de "ranger" et de "trier" le hasard afn d'essayer de le prédire, chercher à objectiver le monde.

Ensuite, tout au long du 20e siècle, les mathématiques ont alors essayé dans un premier temps de mettre de l'ordre dans le hasard et dans un second temps, d'y apporter une explication. (15)

Les premières traces de suites aléatoires se sont intéressées aux suites de nombres : – dans un premier temps les nombres infnis comme Pi et le Nombre d'Or – dans un second temps afn de répondre aux problèmes issus de l'informatique tels que l'intelligence artifcielle, les perturbations et pertes de qualités d'un signal. etc. L'utilisation du hasard permet de créer des événements aléatoires dans des jeux vidéos, déterminer quand un événement va se produire dans un monde virtuel, amener de l'imprévu, déterminer une réponse d'une interface.(16)

Le hasard en mathématique : Bibliographie et ouvrages consultés.

5.5 Le hasard en informatique

En informatique, le « vrai » hasard n'existe pas. Pour générer des nombres aléatoires qui s'utilisent dans de nombreuses applications, des jeux à la cryptographie bancaire, les ordinateurs se basent sur des algorithmes complexes, qui tentent de "simuler" un tirage au hasard. (17)(18)

Le problème de ce système est que si l'on effectue une suite très importante de tirages, ces algorithmes finissent par répéter les mêmes séries de nombres. A partir de ce moment on peut les prédire (avec une loi de Poisson notamment, cf loi de Poisson).(19)

Dans le cas d'un logiciel de cryptage (pour les banques par exemple), la mauvaise qualité d'un algorithme peut poser de graves problèmes. Lorsqu'on utilise une carte de crédit afn d'effectuer un paiement, l'appareil établit une connexion cryptée (codée avec un algorithme) avec la banque. (20)(21)(22)`

Pour chacune de ces connections, l'appareil et la banque partent d'un nouveau nombre aléatoire, sinon il serait facile de contrefaire la banque ou le terminal de paiement.

Algorithmes par bruits thermiques. Il s'agit d'algorithmes se basant sur l'agitation thermique d'un ou de plusieurs composants électroniques de l'ordinateur. Son défaut est sa très grande lenteur, de plus l'origine du phénomène reste peu maîtrisé. Le bruit Brownien par exemple en utilise ce principe(23).


Le bruit Blanc Suivant un processus similaire à la lumière blanche, le bruit blanc est l'addition de toutes les fréquences, celles-ci ayant toutes la même énergie. Le nombre d'octaves doublant d'une harmonique à l'autre. L'énergie quand à elle croît de 3db par octave. C'est un des seul bruit à être réellement aléatoire et c'est aussi le plus connu.


Le bruit Rose Bruit dont la densité spectrale est inversement proportionnelle à la fréquence. Un spectre de bruit Rose en octave présente des niveaux constants sur toutes les bandes (soit -3db) par rapport à l'octave précédente (inverse du bruit blanc) . Ce type de bruit est utilisé pour tester l'acoustique des bâtiments ou l'isolement vis à vis d'un bruit aérien par exemple.


Le bruit Rouge ou Brownien Un bruit Brownien est aussi appelé bruit Brun ou Rouge, c'est un bruit de signal produit par un mouvement brownien. Contrairement au bruit Blanc qui couvre toute la densité du spectre. un bruit Brun a une densité spectrale inversement proportionnelle à la fréquence au carré. La puissance diminue quand la fréquence augmente. (24)


Le bruit Bleu (Azur) Appelé aussi bruit Azur, le bruit Bleu a une puissance sonore qui augmente de 3db par octave et ce jusqu'à une fréquence infnie. En retouche photographique et traitement d'image, le bruit bleu peut être utilisé pour le "ditherning"(ou tramage), procédé utilisé aussi bien en image qu'en sonorisation qui permet de réduire le bruit.


Le bruit Violet Est un bruit dérivé du bruit Blanc, à la différence du fait que sa puissance sonore augmente de 6db par octave quand la fréquence augmente.


Le bruit Gris Il s'agit simplement d'un bruit Rose soumis à une courbe psycho-acoustique d'intensité constante.


Le bruit de Perlin Est un type de bruit aléatoire, les nombres générés par ce bruit sont répartis non uniformément. Ce type de bruit est utilisé pour créer des paysages, des nuages ou d'autres effets atmosphériques.


Algorithmes par bruit Quantique

Le système Quantique vise à exploiter un procédé d'utilisation quantique, la réfexion d'un particule de lumière sur un miroir semi-transparent par exemple. Les nombres aléatoires dans ce système sont beaucoup moins prédictifs(25)(26)(37).

Les photons lumineux sont placés sur une grille,Grâce au principe de superposition quantique ils peuvent se trouver dans deux états différents et dans plusieurs endroits en même temps(28). L'expérience du chat de Schrodinger par exemple cherche à illustrer ce principe. Selon la position du photon sur la grille, un nombre aléatoire lui est attribué (comme sur un diagramme cartésien). C'est actuellement la méthode pour trouver des nombres aléatoires se rapprochant le plus du hasard réel.

utilisons-au-quotidien-l-etrangete-quantique.html

Conclusion : nous avons vu que le hasard était présent dans presque tout les courants de pensée, des sciences à la philosophie en passant par l'informatique. Le hasard existe tout autour de nous et est omniprésent dans la pensée humaine.

6. Le hasard dans les arts

Nous centrerons le sujet sur l'Occident mais il sera fait mention d'un artiste asiatique (Hokusai) afn de montrer au lecteur que le hasard existe aussi dans d'autres cultures que la culture occidentale (Asiatique, Pré-Colombienne, Africaine, Aborigène,etc...). Pourquoi cette limitation?, parce que l'occident à une relation au hasard étrange, la pensée rationnelle occidentale fut une des seules à étudier scientifiquement le hasard et a une relation ambivalente, l'occident ne s'intéresse au hasard que pour le rendre concret, logique. Cette ambivalence entre hasard et rationalité s'est ressentie jusque dans l'histoire de l'art.

6.1 Le hasard en Littérature

Tristan Tzara Pour faire un poème Dadaïste (1920) « Pour faire un poème dadaïste Prenez un journal. Prenez des ciseaux. Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème. Découpez l’article. Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac. Agitez doucement. Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre. Copiez consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac. Le poème vous ressemblera. Et vous voilà un écrivain infniment original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire. »

Dans ce poème, Tristan Tzara joue avec la poésie et la traite comme un objet et plus comme un objet textuel. (29)


Raymond Queneau

Il fonde l' «Ouvroir de littérature potentielle » ou «OULIPO » avec des amis mathématiciens et d'autres écrivains. Ils se défnissent eux-même comme étant des rats construisant leur propre labyrinthe. Ils travaillent sur l'expérimentation, l'écriture, ils créeront même grâce à des algorithmes mathématiques Queneau crée dans « Exercices de styles » où il travaille 99 fois un même poème(30). Dans « Cent milles milliards de poèmes » c' est un livre objet où chaque vers est sur une bandelette de papier que l'on peut tourner et changer à l'envie afn d'avoir un poème a chaque fois différent (31)

Le hasard en lirrérature: Bibliographie et ouvrages consultés.


6.2 Le hasard en Cinéma Isidore Isou

Le found Footage : la technique du Found Footage consiste à réutiliser des pellicules inutilisées, coupées au montage . Citons notamment Isidore Isou et son « traité de bave et d'éternité »(32) Ici comme dans un collage dadaiste, le hasard réside dans les éléments trouvés et dans les interventions de l'artiste.

Le hasard en cinéma: Bibliographie et ouvrages consultés.


6.3Le hasard en Musique

La musique ne rentrant pas de la cadre de ce mémoire, nous ne ferons que citer ici notamment John Cage, Ivan Sutherland.

4'33

Est un morceau composé par John Cage en 1952, où sur quatre minutes trente-trois secondes, il crée le silence. En laissant le spectateur entendre les bruits de l'environnement de la salle de concert. Sur la partition, chaque mouvement est accompagné et annotée « TACET » , signifiant en latin « il se tait » ,ce qui indique à un instrumentiste qu'il doit rester silencieux. Le pianiste montre le début de chaque parties en ouvrant et refermant le clavier. John Cage en parle en ces termes(33)

« En composant un morceau qui ne contiendrait aucun son, je craignais de donner l’impression de faire une blague, voyez vous. En fait, j’ai travaillé plus longtemps à mon morceau “silencieux” qu’à aucun autre. J’y ai travaillé quatre ans... »

John Cage


On peut rapprocher son travail du Rady Made de Marcel Duchanp, qui aussi croyait créer une blague. Cette œuvre force le spectateur a s'assoir dans une salle et a écouter le silence pendant quatre minutes trente-trois. Permettant au spectateur d'écouter sa propre réaction devant l’œuvre, comme l'Urinoir de Marcel Duchamp, questionnait le spectateur sur ses réactions face à l’œuvre. (34) Le hasard ici est présent dans la réaction du public et de sa réaction face à la création artistique

Le hasard en musique : Bibliographie et ouvrages consultés.

6.3 Le hasard en Arts Plastiques

Le hasard comme accident... (Avant le XXe Siécle)

Protogéne

Peintre Grec du IVe siècle avant J.C. Ce peintre à la minutie extrême n'arrivait pas à reproduire l'écume sortant de la gueule d'un chien de chasse.(35) Après de nombreux essais infructueux, de colère il jeta son éponge sur le tableau. Il obtint alors le résultat voulu (D'autres sources affirment qu'il s'agit de l'écume d'un cheval). Ici c'est le hasard qui fait surgir la forme.


Hokusai

Le peintre Japonais Hokusai ft courir un coq sur une feuille de papier afin de représenter le fot d'une rivière(26). L'artiste ici utilise des animaux afin d'aider sa création en amenant de l’imprévu et du dynamisme en utilisant des animaux dont il ne pourrait prédire leur comportement.

La nature et le hasard viennent dans ce cas comme dans celui de Protogéne suppléer la main de l'artiste en l'aidant à représenter ce qu'il ne pourrait justement représenter. Mais Hokusai met en place ce qui pourrait déjà s'apparenter à une méthode d'utilisation du hasard. Alors qu'en Occident, les artistes sont encore dans la phase accidentelle du hasard,cette différence me semble être due à la culture européenne héritée du classicisme grec où l'art doit représenter alors qu'en Asie les artistes n'utilisent pas le hasard de la même manière.


William Turner

Au tout début, Turner peignait surtout à l'huile. Sa création se divise en deux grandes parties, séparé par son choix de technique. Au début, la peinture à l'huile, Turner était dans le plus pur style de la peinture romantique . Dans des choix de thèmes tirés de l'Antiquité comme « Ulysse raillant Polyphéme » par exemple (36) où s'entrechoque déja les toiles sombres et lumineuses .

A la suite d'un banquet à la Royal Academy, il décide de passer à l'aquarelle. Ce procédé lui permet de s'intéresser au rendu de la lumière (37) plus fn et surtout de profter du hasard donné par les pigments se rèpandant sur la feuille.

William Turner est un des précurseurs de l'aquarelle, ses peintures se font en extérieur et décrivent des scènes du quotidien prises sur le vif, une sorte d'instantané , comme l'insolation d'une plaque photosensible, le pigment de l’aquarelle se répand sur ses peintures (38). Le hasard ici est surtout dû au choix du thème , il s'intéresse aux tempêtes, aux trains lancés à grande vitesse laissant une traînée dans un ciel et d'autres sujets contemporains. Mais le hasard est également technique car contrairement à l'huile, la peinture aquarelle se soumet aux aléas des pigments et de l'eau, formant des taches irrégulières

William Turner,Tempête de neige en mer (1842)


Auguste Rodin C'est un des premiers sculpteurs a intégrer le hasard dans ses créations et à accepter l'accident, comme avec "l'homme au nez cassé" où la tête en plâtre avait eu le nez cassé à cause du gel et dont Rodin a commandé un bronze en acceptant les aléas climatiques.

Pour « l'homme au nez cassé », Auguste Rodin, lassé de la taille du marbre exécutera un plâtre afn qu'un autre artiste l'exécute pour lui. Le plâtre étant laissé à sécher à l'extérieur, par une nuit de grand gel, il se fendit. et donna au nez une forme particulière.

L'artiste, lorsqu’il vu son œuvre, au lieu de s'apitoyer sur son sort, trouva ce nez tout particulier et trouva intéressant la forme imposée par la nature.

Après cet événement, Auguste Rodin utilisera les éléments tels que le gel, le temps qui passe, la pluie pour changer ses formes, infuer sur ses plâtres.

Il récupérait ses morceaux cassés aux points les plus fragiles et les rassemblait fragments par fragments. Rilke, lorsqu’il visitera son atelier en 1902 déclara " Rien que des fragments, côte à côte d'à peine un mètre... des nus de la grandeur de ma main.. à peine un nu entier. »


Ici, Auguste Rodin utilisera l'accident afn de recréer des oeuvres. Ce travail peut le rapprocher de Protogène mais il devient systématique (bien que Pline l'ancien déclarait que Protogène utilisait ce procédé couramment après son expérience de l'époque, c'est peu vérifable et la source est unique).

Mais Auguste Rodin reste maître de son travail. Après l'avoir soumis au hasard, il recrée. Le hasard ici n'est pas encore une méthode d’utilisation en vue de créer mais le hasard vient ici "Aider" l'artiste dans sa création en réalisant ce qui sa main ne peut (ou ne pense) pas créer. Le hasard n'est pas encore autonome. (39)


Conclusion : Le hasard accidentel est une des plus ancienne forme de hasard, Cette forme de hasard se situe dans un contexte de représentation bien précis. A l'époque, l'art devait représenter le réel et l'accident artistique était perçu comme un caprice de l’œuvre, un rappel à l'artiste de son matériau et de son incapacité à maîtriser ses réactions parfois imprévisibles. Pour schématiser, le hasard accidentel est la matière s'opposant à la forme de l'artiste. Protogène se battait contre sa toile, Turner contre les temps et la lumière, et Auguste Rodin contre les éléments. Mais dans ces trois cas, le matériau s’opposait et résistait à l'artiste. Lorsque l'artiste jette l'éponge, comme pour Protogène par exemple, l'instant où il arrête de se battre contre la nature imposée par son matériau ou par les dégâts que celle- ci peut provoquer sur la création, il rend les armes et accepte que la matière s'exprime et l'homme renonce.

Le hasard comme accident: Bibliographie et ouvrages consultés.

Le hasard comme processus( 20e siècle)

Le hasard Objectif veut « Objectiver » sa perception du hasard(40).

André Breton La Trouvaille d'André Breton.

Dans «L'Amour fou » (Paris, Gallimard 1937, p39), André Breton et Giacometti décident d'aller chiner en brocante. Durant cette balade, ils trouvent pour Giacometti, un masque de métal dont Man Ray prendra des photographies. Pour André Breton, il trouvera une cuillére en bois.

Tous deux vont s'intéresser aux raisons qui les ont poussé à trouver et à remarquer ces objets.

Pour Giacometti, il était artistiquement dans une impasse, avec une sculpture dont il n'arrivait pas à créer un visage qui lui plaise, d'où le masque en métal. Pour André Breton, il s'agissait d'une projection de son désir inconscient de trouver l'âme soeur (symbolique du pied et de la chaussure de Cendrillon).

Ce courant cherche à objectiver le hasard et arrive dans le contexte de l'incertitude d'Hysenberg , ainsi que les travaux sur le subconscient de Sigmund Freud (cf hasard en psychanalyse et hasard en physique). André Breton se base sur la tâche de De Vinci, un exercice que le peintre destine à tout élève qui consiste à regarder fxement une tache sur un mur (qui était dans son atelier) et de représenter ce que l'imaginaire nous suggère. C'est un peut similaire aux test de Rorschach (41) . Les tests de Rorschach, inventés par un psychiatre allemand en 1921, est composé de dix planches représentant chacune une tache d'encre obtenue par pliage, utilisant du noir, du rouge et des tons pastels.

Il est alors demandé au sujet de dire ce qu'il pense reconnaître sur la tache. Les réponses fournies par le patient permettent de tirer des résultats objectifs en comparant à un panel de réponses. Ceci permet de répéter le travail du moi face aux fantasmes inconscients et aux mécanismes de défense(50). Ce procédé est appliqué par André Breton dans sa « trouvaille d'objet ».

Le hasard Objectif s'intéresse aussi aux travaux d'Heisenber (cf hasard en physique).

Mais ,ici, il s'agit d'étudier les réponses que le spectateur apporte à l'oeuvre, la maniére dont l'oeuvre sera perçue et des mécanismes inconscients mis en place par le regardeur ou l'artiste. Le concept de « Trouvaille » chez André Breton permet de comprendre qu'une rencontre n'est jamais fortuite. Si vous rencontrez la personne de votre vie par exemple, est-ce que le hasard l'a mise sur votre route ou est-ce la bonne personne parce qu'à un moment donné, l'autre répondait à un désir inconcient ? L'exemple cité plus haut de Giacometti et de son masque est une des preuves de la subjectivité de ce courant de pensée du hasard qui ne cherche qu'a révéler les pensées inconcientes de l'artiste ou du regardeur (42).

André Breton: Bibliographie et ouvrages consultés.

  • 40 Le hasard comme méthode, Figures de l'aléa dans l'art du Xxe siécle, Sarah Troche, Presses universitaires de Rennes. (p116-117)
  • 41 dictionnaire fondamental de la psychologie, IN EXTENSO, Larousse (1124p).
  • 42 Le hasard comme méthode, Figures de l'aléa dans l'art du Xxe siécle, Sarah Troche, Presses universitaires de Rennes. (p134)


Max Ernst

Peintre et Sculpteur allemand, il a notamment travaillé sur les techniques du "frottage"

Expérience publiée dans un livre intitulé ; « Comment on force l'inspiration ».

Il dit à ce propos : « Aucune conduction mentale consciente (de raison, de goût, de volonté) n'étant de mise dans le devenir d'une oeuvre méritant la qualifcation de surréaliste absolue, la part active de celui qu'on appelait jusqu'ici « l'auteur » de l'oeuvre se trouve subitement réduit à l'extrême. » C'est en qualité de spectateur qu'il assiste, indifférent ou passionné à la naissance de l'oeuvre et observe les phases de son développement (43)(44). Le frottage consiste à laisser courir une mine de plomb sur une feuille posée sur une surface afn d'en révéler le relief.

Cette technique crée des dessins et des formes semblant être aléatoires, mais n'étant que la trace du relief tridimensionnel aplatit sur la surface plane du papier

Dans ce procédé créatif, l'artiste ne fait qu'être spectateur, il ne fait pas l'oeuvre mais dicte les conditions dans lesquelles elles vont se dérouler.

Lorsqu'il crée, Max Ernst commence par chercher une texture qui lui semble être intéressante. Ensuite, il la prélève et cherche alors à composer des créations avec ces formes prélevées.

Il expérimentera aussi l'écriture automatique ainsi que la technique du "grattage", consistant à gratter une surface recouverte de peinture afn d'en révéler les strates inférieures. (45)

Il expérimentera aussi avec André Masson et Max Morisse des cadavres exquis, oeuvres créées à plusieurs.

Ici la représentation s'efface et est remplacée par la perception du spectateur qui supplée la fguration . Max Ernst: Bibliographie et ouvrages consultés.

  • 43 Le hasard comme méthode, Figures de l'aléa dans l'art du Xxe siécle, Sarah Troche, Presses universitaires de Rennes. (p73)
  • 44 M.Ernst. « Comment on force l'inspiration ». Le surréalisme au sevice de la révolution, n°6, mai 1933, p43 (d'aprés le livre de Sarah Troche « Le hasard comme méthode » Figures de l'aléa dans l'art du Xxe siécle, Sarah Troche, Presses universitaires de Rennes. (p73)
  • 45 http://e-cours-arts-plastiques.com/les-frottages-de-max-ernst/